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PARTIE 39 : L’EXPÉDITION DE DÛMA AL-JANDAL (L’AN 5)

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Des rumeurs parviennent à Médine au sujet des tribus établies près de Dûma al-Jandal, aux confins de la Syrie. On rapporte qu’elles se livrent à des actes de brigandage, attaquent les voyageurs et bloquent les routes. Certains récits évoquent même un projet d’attaque contre Médine, appuyé par un effectif important. Face à cette menace, le Prophète décide d’agir. Il se met en route à la tête de mille compagnons et adopte une stratégie habile : marcher de nuit et se reposer de jour afin de surprendre l’ennemi. Guidés par un homme connaissant bien la région, les musulmans parcourent la distance en quinze jours jusqu’à atteindre Dûma al-Jandal. Leur arrivée soudaine provoque la panique. Les tribus, qui se préparaient à lancer des pillages, prennent aussitôt la fuite. Les musulmans s’emparent de leurs troupeaux ainsi que de quelques bergers appartenant aux Banî Tamîm. Quant aux habitants de Dûma al-Jandal, ils se dispersent dans toutes les directions sans opposer de résistance. Le Prophète demeure plusieurs jours sur place et envoie des détachements de reconnaissance dans les environs, mais aucun adversaire n’ose se présenter. Finalement, les musulmans reprennent le chemin du retour vers Médine. Cette expédition contre les tribus arabes du Nord a lieu au mois de Rabî‘ al-Awwal de la cinquième année de l’Hégire.

Lorsque l’islam faisait face à un pouvoir dominant, les attaques qu’il subissait étaient ouvertes, brutales, assumées. Mais dès qu’il acquit autorité et influence, l’hostilité changea de forme : elle devint dissimulée, perfide, pleine de ruse et de coups bas. Ce furent des haines masquées, des complots souterrains, des trahisons déguisées, qui exigèrent une vigilance accrue et une mobilisation plus lucide face à ces nouveaux adversaires. Ce que trament les lâches dans l’ombre n’est pas moins redoutable que les assauts frontaux des audacieux sur le champ de bataille. Une rumeur insidieuse, une calomnie savamment répandue, peut blesser plus profondément qu’un coup de lance en pleine guerre. La douleur qu’inflige la trahison voilée dépasse souvent celle de l’affrontement direct.

Lorsque l’islam faisait face à un pouvoir dominant, les attaques qu’il subissait étaient ouvertes, brutales, assumées. Mais dès qu’il acquit autorité et influence, l’hostilité changea de forme : elle devint dissimulée, perfide, pleine de ruse et de coups bas. Ce furent des haines masquées, des complots souterrains, des trahisons déguisées, qui exigèrent une vigilance accrue et une mobilisation plus lucide face à ces nouveaux adversaires. Ce que trament les lâches dans l’ombre n’est pas moins redoutable que les assauts frontaux des audacieux sur le champ de bataille. Une rumeur insidieuse, une calomnie savamment répandue, peut blesser plus profondément qu’un coup de lance en pleine guerre. La douleur qu’inflige la trahison voilée dépasse souvent celle de l’affrontement direct.

Muhammad al-Ghazâlî (Fiqh al-Sîra)

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