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Publié le 9 juillet 2026

PARTIE 51 : RUPTURE DE LA TRÊVE DE HUDAYBIYA (L’AN 8)

La trahison des Quraychites et des Banû Bakr

Peu de temps après le retour de ‘Amr b. al-‘Âs de Syrie, un clan des Banû Bakr lance un raid contre la tribu des Banû Khuzâ‘a, durant le mois de Sha‘bân de l’an 8 de l’Hégire. Or, selon le traité de Hudaybiya, les Quraychites sont alliés aux Banû Bakr, tandis que les musulmans sont alliés aux Banû Khuzâ‘a. Ainsi, toute attaque contre ces derniers constitue une violation directe du pacte. Certains Quraychites, ne voyant plus d’intérêt dans cet accord, cherchent à le rompre afin de relancer les hostilités contre les musulmans. C’est dans ce contexte que plusieurs d’entre eux apportent leur soutien aux Banû Bakr lors de leur attaque contre les Banû Khuzâ‘a.

On rapporte qu’une délégation des Banû Khuzâ‘a se trouvait à La Mecque et campait dans un endroit appelé al-Watîr. Le chef des Banû Bakr, Nawfal, les attaqua par surprise et en tua plusieurs. Les survivants se réfugièrent dans le sanctuaire, pensant que personne n’oserait les y attaquer en raison de son caractère sacré. Cependant, Nawfal les poursuivit sans tenir compte de cette sacralité, pénétra avec ses hommes dans l’enceinte et tua les derniers membres des Banû Khuzâ‘a qui s’y étaient réfugiés. En apprenant cette agression, ‘Amr b. Sâlim, des Banû Khuzâ‘a, se rendit auprès du Prophète pour l’informer de la trahison. Après avoir écouté le récit de ce drame, le Prophète jura d’apporter son soutien aux Banû Khuzâ‘a. Le Messager de Dieu fut profondément touché et envisagea alors de marcher sur La Mecque afin d’imposer la paix. Comme cela apparaîtra par la suite, il entrera dans la ville sans combat généralisé et garantira la sécurité à ses habitants. Seuls les Quraychites hostiles à l’islam qui tenteront de s’opposer par les armes seront combattus. Malgré la trahison et les persécutions subies par les musulmans, le Prophète demeure résolu à entrer à La Mecque sans verser de sang. Il explique à ses compagnons que cette entrée dans la Cité ne sera pas un jour de massacre, mais un jour marqué par la miséricorde.

Abû Sufyân se rend à Médine

Les Mecquois, inquiets des conséquences de la rupture de la trêve, envoient Abû Sufyân à Médine afin de renouveler leur engagement pris à Hudaybiya. Son arrivée surprend les habitants de la ville. Il se rend d’abord chez sa fille Umm Habîba, épouse du Messager de Dieu , qu’il n’a pas vue depuis près de quinze ans. Lorsqu’il entre et se dirige vers le tapis du Prophète pour s’y asseoir, elle le replie aussitôt. Étonné, Abû Sufyân lui dit : « Ma fille, je ne sais si tu considères que ce tapis est trop noble pour moi ou que je suis trop noble pour lui ! » Elle lui répond : « C’est le tapis du Messager de Dieu , et tu es un idolâtre impur. » À cet instant, Abû Sufyân comprend la difficulté de sa mission. Pensant se rapprocher du Prophète par l’intermédiaire de sa fille, il se heurte à une réponse ferme. Désemparé, il se rend à la mosquée pour rencontrer directement le Prophète , mais n’obtient rien. Aucun compagnon n’ose intervenir en sa faveur. Il se tourne alors vers ‘Alî b. Abî Tâlib et son épouse Fâtima, les suppliant de l’aider, mais ‘Alî lui conseille finalement de quitter Médine et de retourner à La Mecque en proclamant qu’il accorde sa protection à son peuple. Malgré son statut de chef mecquois, son hostilité passée et les persécutions qu’il a menées contre les musulmans, ainsi que la rupture du traité par les siens, le Prophète n’ordonne aucune sanction contre lui. Au contraire, il fait preuve de retenue, de douceur et de générosité, afin de montrer clairement aux Quraychites ses intentions pacifiques. Son objectif reste de guider les hommes vers la vérité, non de les contraindre. Ce comportement aura un impact déterminant et conduira plus tard à la conversion d’Abû Sufyân, de ses proches et des habitants de La Mecque.

Avant son départ pour La Mecque, Abû Sufyân entre dans la mosquée de Médine et déclare solennellement qu’il accorde sa protection aux gens de La Mecque. Le Prophète se détourne de lui sans accorder la moindre importance à ses paroles. Lorsque les Quraychites apprennent que le Prophète n’a pas réagi à cette déclaration, ils disent à Abû Sufyân : « Malheur à toi ! Il s’est joué de toi. » Désappointé, Abû Sufyân ne peut que répondre : « Par Dieu ! Je n’ai rien pu faire d’autre. »

La discrétion de l’armée musulmane

Après le départ d’Abû Sufyân de Médine, le Prophète ordonne aux musulmans de se préparer pour une expédition contre les Quraychites. Il souhaite agir dans la plus grande discrétion afin de neutraliser toute résistance avant même qu’elle ne s’organise. Il invoque alors Dieu en ces termes : « Ô mon Dieu ! Fais que les Quraychites demeurent sans nouvelles de nous jusqu’à ce que nous les surprenions. » Dans cette logique, il met en place une stratégie de diversion en envoyant un détachement de huit hommes dans une direction différente de celle de La Mecque. Ces hommes, restés à proximité de Médine pour accomplir leur mission, rejoindront ensuite l’armée principale.

Avant le départ de l’armée musulmane, l’un des compagnons du Prophète commet une faute grave. Il s’agit de Hâtib b. Balta‘a, qui envoie une lettre à La Mecque pour informer les Quraychites de l’arrivée imminente des musulmans. L’ange Gabriel informe aussitôt le Prophète , qui dépêche ‘Alî et al-Miqdâd à la poursuite de la messagère. ‘Alî rapporte : « Le Prophète nous convoqua, al-Miqdâd, al-Zubayr et moi, et nous dit : “Rendez-vous à Rawda Khâkh, vous y trouverez une femme portant une lettre. Prenez-la.” Nous partîmes au galop et, arrivés à l’endroit indiqué, nous trouvâmes une femme. Nous lui demandâmes de remettre la lettre, mais elle nia en porter une. Nous la menaçâmes alors de la fouiller. Elle finit par sortir la lettre de ses cheveux, où elle l’avait dissimulée. Nous la rapportâmes au Prophète . » La lettre disait : « De Hâtib b. Abî Balta‘a aux idolâtres de La Mecque » et contenait des informations sur les intentions du Prophète .

Le Prophète fit venir Hâtib et lui demanda des explications. Celui-ci répondit : « Ô Messager de Dieu , ne te hâte pas contre moi. Par Dieu, j’ai foi en Dieu et en Son Messager, et je n’ai pas agi par reniement. Mais je suis un homme sans liens forts avec les Quraychites. Les Muhâjirûn ont des proches à La Mecque pour protéger leurs familles et leurs biens. N’ayant pas ces relations, j’ai voulu m’attirer leur faveur afin de garantir la sécurité de mes proches. » Après avoir entendu cela, ‘Umar proposa de le mettre à mort pour sa trahison. Le Prophète lui répondit : « Il a participé à Badr. Et que sais-tu, ô ‘Umar ? Peut-être que Dieu a regardé les gens de Badr et leur a dit : “Faites ce que vous voulez, Je vous ai pardonné.” » ‘Umar, ému, dit alors : « Dieu et Son Messager sont plus savants. » À ce sujet, Dieu révèle : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas Mes ennemis et les vôtres pour alliés, leur témoignant de l’affection alors qu’ils ont rejeté la vérité qui vous est parvenue, expulsé le Prophète et vous-mêmes pour avoir cru en Dieu, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et rechercher Mon agrément, comment leur témoignez-vous secrètement de l’amitié ? Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Quiconque parmi vous agit ainsi s’égare du droit chemin » (60 : 1).

Analyses et Enseignements

Nous déduisons de l’épisode de la prise de La Mecque que ceux qui concluent une trêve avec les musulmans en période de guerre bénéficient de leur protection. Dès lors, si une tribu ou un peuple placé sous cette protection est attaqué, les musulmans ont le devoir d’intervenir à leur défense par les armes. Dans une telle situation, la trêve est considérée comme rompue de facto. Les oulémas sont unanimes sur cette question.

Muhammad S. R. Al-Bûtî (Fiqh al-Sîra)

La manière dont le Prophète se dirige vers La Mecque montre qu’il est permis à l’imam et au dirigeant des musulmans de recourir à une attaque surprise lorsque l’ennemi a rompu ses engagements et trahi ses promesses. Dans une telle situation, il lui incombe de dissimuler à l’adversaire les préparatifs de l’opération. Nous avons vu que, peu avant l’offensive, le Prophète invoque Dieu en disant : « Ô mon Dieu ! Fais que les Quraychites demeurent sans nouvelles de nous jusqu’à ce que nous les surprenions. » Tel est l’avis adopté par l’ensemble des oulémas. En revanche, lorsque la trahison ne s’est pas encore produite, mais que des indices sérieux permettent de la redouter de la part de l’ennemi, l’imam ne peut pas rompre la trêve ni lancer une attaque par surprise. Il doit d’abord informer l’autre partie de la fin de l’accord qui les lie. C’est ce que Dieu indique dans Sa parole : « Et si tu redoutes la trahison d’un peuple, dénonce en toute franchise l’acte qui te lie à lui, car Dieu n’aime point les traîtres » (8 : 58). Autrement dit, lorsque la trahison est à craindre, il convient d’annoncer clairement à l’adversaire que la trêve est désormais rompue.

Muhammad S. R. Al-Bûtî (Fiqh al-Sîra)

Nous déduisons du comportement du Prophète que la violation d’un traité de paix par une partie d’un groupe peut être imputée à l’ensemble de celui-ci lorsque les autres membres l’acceptent ou ne s’y opposent pas. Le Prophète considère en effet que le silence des Qurayshites face à l’agression menée par certains des leurs contre les alliés des musulmans constitue la preuve de leur participation collective à la rupture du pacte. De même que la majorité des Qurayshites accepte la trêve en suivant ses chefs et ses représentants, elle prend également part à sa violation en se conformant aux agissements de ceux qui la dirigent. C’est selon ce principe que le Prophète fait exécuter les combattants des Banû Qurayza sans interroger chacun d’eux individuellement afin de déterminer s’il a personnellement participé à la trahison ou non. Il agit de la même manière à l’égard des Banû al-Nadîr, qu’il expulse en raison de la rupture de leur alliance, bien que seuls certains d’entre eux soient directement impliqués dans cet acte de trahison.

Muhammad S. R. Al-Bûtî (Fiqh al-Sîra)

Nous sommes ici en présence d’un nouvel aspect de la prophétie du Messager de Dieu et des révélations que son Seigneur lui accorde. Le Prophète dit à certains de ses compagnons : « Allez à Rawda Khâkh où vous trouverez une femme porteuse d’une lettre. Prenez cette lettre. » Comment est-il informé de l’existence de cette lettre et de ce qui se déroule entre cette femme et Hâtib b. Abî Balta‘a ? Cela relève sans aucun doute de la révélation que Dieu accorde à Son Prophète afin que s’accomplisse la grande victoire qu’Il lui a promise, ainsi qu’aux musulmans.

Une question se pose alors : est-il permis de recourir à différents moyens de contrainte afin d’amener un accusé à reconnaître la vérité ? Certains ont déduit de l’ordre donné par ‘Alî à cette femme — « Tu nous remets la lettre ou nous te déshabillerons » — que l’imam ou son représentant peut utiliser les moyens nécessaires pour faire apparaître un délit. Ils invoquent également un autre récit selon lequel les juifs dissimulent des biens appartenant à Huyay b. Akhtab lors de l’expédition de Khaybar. Le Prophète demande alors à l’oncle de Huyay : « Où se trouve le sac de cuir que Huyay a rapporté de chez les Banû al-Nadîr ? » Celui-ci répond : « Il a disparu. Il a été dépensé pour les besoins de la guerre. » Le Prophète réplique : « L’argent qu’il contenait dépassait largement les dépenses engagées. » Il le confie ensuite à al-Zubayr qui, après lui avoir infligé des sévices, obtient de lui l’aveu suivant : « J’ai vu Huyay rôder autour de ces ruines. » Les musulmans se rendent alors à l’endroit indiqué et y découvrent le sac de cuir. Certains auteurs contemporains attribuent à l’imam Mâlik une position favorable à ce type de pratiques. Pourtant, les quatre imams ainsi que les juristes et les spécialistes du droit musulman s’accordent à affirmer qu’il n’est pas permis de torturer une personne dont la culpabilité n’a pas été établie par une preuve légale suffisante dans le seul but de lui arracher des aveux. En principe, l’accusé demeure innocent tant que son crime n’a pas été démontré.

L’affaire de la femme envoyée par Hâtib à La Mecque ainsi que les menaces formulées par ‘Alî ne relèvent pas de cette question pour deux raisons. Premièrement, la présence de la lettre sur cette femme n’est pas une simple hypothèse. Sa mission est connue avec certitude puisqu’elle est révélée au Prophète lui-même, dont le témoignage est plus sûr qu’un aveu ou une confession. L’accusation ne repose donc pas sur une présomption humaine susceptible d’erreur. Il en va de même pour l’oncle de Huyay b. al-Akhtab. Deuxièmement, le fait d’enlever des vêtements dans le but de rechercher une lettre ne peut être assimilé à l’emprisonnement ou à la torture. La différence entre ces deux situations est évidente. S’il est établi que la femme possède effectivement la lettre et qu’il n’existe aucun autre moyen de la récupérer qu’en fouillant ses vêtements, une telle mesure devient licite, voire nécessaire, en raison de l’ordre donné par le Prophète de récupérer ce document. Quant aux sévices infligés par al-Zubayr à l’oncle de Huyay, ils ne visent pas à vérifier une accusation incertaine, mais à obtenir l’aveu d’un fait considéré comme établi.

En outre, cet épisode s’inscrit dans le contexte de la guerre entre musulmans et non-musulmans. Il n’est donc pas pertinent de le comparer aux règles régissant les relations entre musulmans. Prétendre que l’imam Mâlik considère de manière identique ces situations et les pratiques de torture ou d’emprisonnement dans le cadre judiciaire ordinaire est une erreur qui contredit ses propres positions. Sahnûn rapporte dans « al-Mudawwana » qu’il interroge Mâlik en ces termes : « Si un aveu est obtenu à la suite de menaces, de ligotage, de promesses, de coups ou d’emprisonnement, cet aveu est-il valable ? Peut-on s’en servir pour appliquer une peine ? » Mâlik répond : « Celui qui avoue sous la menace est exempté de toute peine. Les promesses, les menottes et les coups constituent à mes yeux des formes de contrainte. Aucune peine ne doit être appliquée dans un tel cas. » Sahnûn poursuit : « Si une personne avoue sous les coups ou les menaces en indiquant sa victime ou l’objet volé, doit-on lui appliquer une peine après la découverte des preuves ? » Mâlik répond : « Je n’applique une peine pour une faute que lorsque son auteur la reconnaît librement, en toute confiance et sans subir la moindre menace. »

Muhammad S. R. Al-Bûtî (Fiqh al-Sîra)

Concernant la trahison de Hâtib, celui-ci s’écarte du comportement du croyant qui lui incombe. Il n’a aucune raison d’éprouver de la sympathie pour des polythéistes qui affichent ouvertement leur mécréance et s’unissent pour nuire à l’islam, une réalité que Hâtib connaît mieux que beaucoup d’autres. Cependant, même les hommes les plus vertueux peuvent parfois être saisis par un moment de faiblesse qui obscurcit leur jugement et les conduit à l’erreur. Dieu, dans Sa noblesse, ne les condamne pas pour autant. Il peut s’agir d’un élan passager qui trouble la lucidité ou d’un faux pas qui provoque une chute momentanée sans entraîner la perte de celui qui l’a commis. Le Prophète cherche à comprendre les motivations profondes de Hâtib et sait que celui-ci dit la vérité. Les musulmans sont alors à la veille d’un affrontement décisif dont l’issue demeure inconnue. En cas de défaite, les solidarités tribales pourraient reprendre toute leur force et offrir leur protection à ceux qui auraient momentanément quitté les rangs de leur peuple. Hâtib, qui ne dispose d’aucun soutien familial à La Mecque, pense alors prendre une précaution pour préserver ses proches si une telle situation venait à se produire. Toutefois, ce raisonnement demeure contestable. Les mécréants n’ont tenu compte ni des liens de parenté ni des attaches familiales dans leur hostilité à l’égard de l’islam. Même dans l’hypothèse d’une défaite, il ne convient pas de nourrir à leur égard la moindre complaisance. Les musulmans les combattent pour la cause de Dieu et engagent dans cette lutte leurs vies et leurs biens. Quand bien même la recherche d’une protection aurait paru nécessaire, elle ne pouvait justifier une démarche susceptible d’exposer l’islam et les musulmans à de graves conséquences. Malgré cela, les mérites accumulés par Hâtib au cours de sa vie jouent en sa faveur. Il commet une faute, mais sans sombrer pour autant. Le Prophète demande aux musulmans de se souvenir de lui à travers ses qualités et ses bonnes actions. Par la clémence de ce jugement, l’islam enseigne qu’il ne faut pas effacer les mérites ni oublier les services rendus par une personne à cause d’un faux pas, lorsque toute sa vie témoigne par ailleurs de son engagement et de sa vertu.

Muhammad al-Ghazâlî (Fiqh al-Sîra)

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Le dialogue qui se déroule entre le Prophète et Hâtib, de même que la réponse du Prophète et les versets coraniques révélés à cette occasion, montrent qu’il n’est pas permis aux musulmans, quelles que soient les circonstances, de rechercher la protection des ennemis de Dieu ni de leur accorder leur loyauté, leur soutien ou leur amitié. Hâtib justifie son comportement en expliquant qu’il ne dispose pas, à La Mecque, de proches ou d’alliés parmi les Quraysh capables de protéger sa famille et ses biens. Il cherche donc à compenser cette absence de soutien en obtenant la bienveillance des Qurayshites, alors que d’autres musulmans bénéficient de la protection de leurs parents restés sur place. Les versets révélés à ce sujet rappellent clairement que les croyants doivent placer leur confiance avant tout en Dieu et fonder leurs relations sur les exigences de leur foi et de leur fidélité à l’islam. Sans cela, il leur devient difficile de sacrifier leurs biens, leurs intérêts, leurs passions et même leur vie pour la cause de Dieu. Cette question demeure d’actualité. Beaucoup de personnes se réclament de l’islam, accomplissent les prières et multiplient les invocations, mais continuent à bâtir leurs relations sur les liens de parenté, l’esprit de clan, les intérêts matériels ou la recherche d’avantages personnels. Elles peuvent alors préférer leurs désirs à la vérité, soutenir l’erreur au détriment du droit et dissimuler certaines ambitions sous les apparences de la religion. Une telle attitude contribue à nourrir les divisions, la faiblesse et l’immobilisme qui affectent parfois la communauté musulmane. Elle ouvre également la voie aux manœuvres et aux complots dirigés contre les musulmans et leur religion, en affaiblissant les fondements spirituels et moraux sur lesquels devrait reposer leur unité.

Muhammad S. R. Al-Bûtî (Fiqh al-Sîra)

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